2014

Jamais deux sans trois…

 

La formule peut sembler bien banale mais est, malheureusement, appropriée au millésime 2013. De mémoire de vigneron, la Bourgogne n’avait jamais connu trois années de grêles consécutives sur un même secteur ; l’épicentre commun a touché les villages de Beaune et Pommard qui nous concernent tout particulièrement, ainsi que Volnay.

Heureusement, la plus grande partie du vignoble bourguignon est restée indemne et a produit une récolte abondante et de très belle qualité.

 

Une autre particularité de ce millésime est sa météo contrastée et surprenante tant au niveau des températures que de la pluviométrie.

L’hiver 2013-2014, exceptionnellement doux et pluvieux a été suivi d’un mois de mars chaud et sec ; les pleurs, reflet de la reprise de l’activité racinaire ont débuté en début de mois, les bourgeons atteignant le stade pointe verte vers le 25, comme en 2011 ou 2012.

 

Cette avance se maintient dans la première quinzaine d’avril, faisant de 2014 le millésime le plus précoce des 30 dernières années. Les vignes touchées par la grêle en 2012 et 2013 semblent avoir bien récupéré et présentent une sortie d’inflorescences normale.

 

A partir de la mi-avril et pendant tout le mois de mai sécheresse et fraîcheur ralentissent fortement la pousse. Une forte hétérogénéité est constatée entre les parcelles. Heureusement, la chaleur revient fin mai et la floraison peut s’enclencher rapidement pour se terminer avant la mi-juin, ce qui laisse augurer une date de vendange relativement précoce vers le 10 septembre.

 

La météo toujours estivale en juin, associée à des périodes orageuses géographiquement très hétérogènes, provoque une accélération de la croissance, le stade fermeture de grappe étant atteint peu après le 20 juin, ce qui replace le millésime au niveau de 2007 et 2011.

 

Les vignes sont alors dans un parfait état sanitaire et présentent une charge régulière ; notre optimisme est brutalement anéanti le 28 juin vers 17 heures par un orage de grêle qui ravage nos parcelles situées sur les communes de Beaune et Pommard, affectant dans une moindre mesure celles de Monthelie et Meursault. Nous ne pouvons que constater les dégâts occasionnés sur les grappes et redresser les pampres fragilisés par les grêlons.

 

La protection phytosanitaire du vignoble, facile sur les premiers mois d’une campagne marquée par un fort déficit pluviométrique, doit se faire plus serrée afin protéger les nouvelles feuilles qui se développent après la grêle et qui doivent assurer la maturation du reliquat de récolte et l’aoûtement des bois.

L’été semble se terminer dès la fin juin avec des mois de juillet et août anormalement pluvieux et froids. La véraison peine à s’enclencher fin juillet dans les parcelles les plus précoces pour ne se terminer que dans la dernière décade d’août.

 

Nouveau retournement fin août avec le retour de l’anticyclone tant espéré pendant l’été ; la maturation connait alors une progression très rapide qui compense le retard estival, mais rend une fois de plus la décision de la date de vendange délicate, compte-tenu de l’hétérogénéité de charge, de surface foliaire active entre les secteurs et les parcelles.

 

L’état sanitaire est maintenu à un très bon niveau par les conditions chaudes et sèches, mais un nouveau parasite ayant fait son apparition cette année, une drosophile qui transperce les pellicules de raisins et provoque le développement de pourriture acide, inquiète bon nombre de vignerons.

 

Au vu des contrôles de maturité effectués dans nos parcelles, nous optons finalement pour un démarrage de la cueillette le 13 septembre par le Santenay Maladière. Nous ramasserons ensuite prioritairement les parcelles de chardonnay et terminerons juste avant le retour des orages par les vignes plus tardives de Beaune et Pommard.

 

Le très bel état sanitaire des raisins, associé à un tri sévère dans les parcelles touchées par la grêle, nous a permis des vinifications plus sereines que la campagne viticole.

 

Les vins rouges :

 

La table vibrante a été cette année encore un accessoire indispensable en permettant d’éliminer les grains secs.

Les raisins mûrs et aromatiques, après éraflage et macération préfermentaire d’une semaine fermentent d’une manière régulière. L’extraction de couleur est très rapide et les petites quantités récoltées exigent un contrôle thermique soigneux afin de parfaire les conditions de macération. Un travail en douceur, avec des pigeages réduits, permet une diffusion de tanins soyeux.

Après pressurage, les vins à la robe profonde teintée de reflets bleutés, sont très flatteurs, avec des notes intenses de fruits rouges, et présentent en bouche homogène et concentrée.

 

Les vins blancs :

 

Les raisins blancs d’un très bel état sanitaire ont comme d’habitude été pressé doucement, en vendange entière, afin d’extraire des jus de qualité optimale. Les moûts, très aromatiques, ont fermenté de façon régulière en fûts après un débourbage de 18 à 24 heures. En fin de fermentation alcoolique, les vins présentent une belle robe or-vert, des arômes d’agrumes et de noisette, une bouche ample et voluptueuse. La vivacité initiale est atténuée rapidement par des fermentations malolactiques qui s’enclenchent de façon spontanée et inhabituelle dès le mois de décembre dans une ambiance pourtant froide. 

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