2015

Enfin !

Après une série de millésimes à la climatologie difficile, caractérisés par des chutes de grêle répétitives, ayant paradoxalement donné naissance à des vins de très belle qualité, mais en quantité très faible, 2015 a vu le retour de conditions plus « normales », et d’un millésime unanimement salué dès sa naissance.

L’hiver 2014-2015, plutôt timide, à dominante de douceur et manque de luminosité, ne s’est manifesté que tardivement en février.

Début mars, des conditions beaucoup plus douces et ensoleillées reviennent. Le rythme est donné pour la suite de la saison !

Le stade pointe verte est atteint sur Chardonnay dès les premiers jours d’avril et le développement est spectaculaire sous les fortes chaleurs de la deuxième quinzaine du mois. Nous débutons les travaux d’ébourgeonnage dès le 23 avril dans les Puligny Levrons. La vigne nous impose dès lors un rythme très soutenu jusqu’à la fin juin : nous avons alors réalisé en deux mois les travaux s’étalant habituellement sur trois.

Nous sommes heureux de constater que les vignes sévèrement touchées par la grêle en 2012, 2013 et 2014 connaissent un développement végétatif satisfaisant ; par contre, sur le Pinot Noir, les inflorescences sont peu nombreuses,  de petite taille et très inégalement réparties sur les souches.

Heureusement, ces conditions météorologiques exceptionnellement ensoleillées et sèches, sont peu favorables au développement des maladies cryptogamiques et seul l’oïdium très virulent nous impose une vigilance sans faille.

D’une date de débourrement plaçant le millésime dans une précocité moyenne, nous passons, au stade de la floraison, à une avance de 6 jours sur la moyenne des 20 dernières années, soit au niveau de 2009 ou 2014.

Un week-end aura suffi dans les parcelles de pinot noir que nous aurons quittées en début de fleur le vendredi soir pour les retrouver nouaison terminée le lundi matin !

Les chaleurs inhabituelles du mois de juin accélèrent le grossissement des baies et accentuent la précocité : le stade fermeture de la grappe est atteint vers le 20 juin, facilité par des précipitations orageuses voisines de 80 mm, que nous avons accueillies pour une fois avec soulagement et qui ont réduit nos craintes d’un possible stress hydrique. Nous n’avons, par ailleurs, pas à déplorer de phénomènes d’échaudage, que nous redoutions, surtout dans les vignes effeuillées.

A la fin juin, nous avons rejoint le trio des années les plus précoces (2011, 2007 et 2003).

La poursuite d’un temps très chaud et sec en juillet ralentit ensuite la véraison ; nous mesurons la résistance de la vigne par rapport à d’autres végétaux, mais des symptômes de sécheresse apparaissent dans des parcelles chargées situées sur des sols minces. Une date probable de récolte est à ce stade bien difficile à prévoir, la véraison étant très hétérogène selon les climats et même d’un cep à l’autre.

Heureusement, une période pluvieuse salvatrice arrive à point nommé début août et permet une évolution rapide en même temps qu’une homogénéisation de la maturation.

Les premiers contrôles de maturité font apparaître, sur le domaine, une avance sur les parcelles de pinot noir peu chargées par rapport à celles de chardonnay. L’état sanitaire est parfait, les grappes de petite taille et peu compactes. De petites pluies facilitent l’activité de la plante, le gonflement des baies, sans crainte de détérioration de l’état sanitaire.

L’augmentation rapide de la concentration en sucres, la baisse du niveau des acidités et l’évolution gustative très favorable des baies nous incitent à ne pas trop retarder la date de ramassage afin d’éviter des phénomènes de concentration trop importants, les fortes chaleurs continuant à nous concerner.

Nous démarrons donc le 1er septembre et ramassons dans un premier temps toutes les parcelles de pinot noir pour terminer par celles de chardonnay.

 

Les vins rouges :

Dans la grande majorité des parcelles, la table vibrante est suffisante pour effectuer le tri d’une vendange quasi parfaite. Selon les appellations, nous conservons une proportion de vendange entière de 15 à 30%.

Au cours de la macération préfermentaire apparaissent de très belles notes de fruits rouges. Les fermentations alcooliques se déroulent de façon régulière, accompagnées d’une diffusion rapide des anthocyanes. La possible parenté avec le millésime 2005 nous conduit à utiliser des méthodes d’extraction douces, à base de remontages essentiellement. Les premières dégustations en fin de fermentation mettent en évidence l’obtention d’une belle harmonie gustative, n’incitant pas à allonger outre mesure la durée de macération.

Après pressurage, les vins présentent une robe intense et brillante, avec de très beaux arômes de fruits rouges légèrement confiturés. En bouche, ils révèlent une densité et une élégance rares.

 

Les vins blancs :

La récolte a débuté le 4 septembre ; les raisins dorés, d’un état sanitaire parfait sont pressés lentement en vendange entière. Après un débourbage rapide les moûts refroidis sont mis en fûts ; les fermentations alcooliques se déroulent de façon très régulière sur tous les lots, sans ralentissement en phase finale, ce qui est assez rare. Les vins nouveaux présentent beaucoup de pureté et d’élégance, un très bel équilibre en bouche : richesse sans lourdeur.

Les faibles taux d’acide malique devraient permettre de maintenir et confirmer, en rouge comme en blanc, tout le potentiel du millésime.

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