2016

Tout finit plutôt bien qui avait si mal commencé.

 

Après plusieurs années marquées par de toutes petites récoltes suite à des orages de grêle en 2012, 2013 et 2014, nous avions accueilli avec soulagement une année plus calme avec le millésime 2015, marqué par sa précocité et son ensoleillement exceptionnel. Ce millésime devait permettre à la vigne (et à nous également !) de retrouver ses repères et un meilleur équilibre végétatif.

L’été exceptionnel de 2015 a été suivi par un hiver tout aussi atypique, le plus chaud depuis 1900 sur la période de décembre à février. Un retour à la fraîcheur début mars vient heureusement  retarder  le départ de la végétation qui donnait des signes inquiétants de reprise.

Le stade mi- débourrement est finalement observé vers la mi-avril,  ce qui place 2016 dans la moyenne décennale.

Vers la fin du mois, nous subissons une période plus fraiche et humide avec des températures matinales très froides aboutissant, dans la nuit du 26 au 27 avril, à un épisode rare de « gelée noire » suite aux passages successifs d’une petite zone de pluie dans la journée du 26, entrainant une forte hausse de l’hygrométrie,  suivie dans la nuit de celle d’une masse d’air froid avec un ciel dégagé,  accentué encore par un effet loupe de l’ensoleillement matinal. Les jeunes pousses, portant quelques feuilles étalées à cette date, extériorisent rapidement les premiers signes de brunissement, mais il faut attendre quelques jours avant de mesurer l’ampleur des dégâts : une grande partie du vignoble de la côte est touchée, de façon très variable d’un secteur à l’autre,  avec parfois une grande hétérogénéité à l’intérieur de certaines parcelles.

Sur le domaine, les appellations apparemment les plus impactées sont : Beaune Longbois, Beaune Grèves, Monthelie Jouères, Chassagne Montrachet Abbaye de Morgeot. Pour les autres parcelles, l’impact semble moins important, les Beaune Clos des Mouches semblant même totalement épargnés.

La reprise de végétation, sur les vignes gelées, se fait progressivement, après 3 à 4 semaines seulement pour les Beaune Longbois ; la préoccupation première n’est plus la récolte mais la survie de la plante et une repousse permettant d’obtenir des bois de taille pour l’année suivante.

Parallèlement à cet accident majeur, le printemps 2016 est caractérisé par une pluviométrie très excédentaire qui rend les travaux mécaniques du sol très difficiles et nous oblige à revenir au piochage sous le rang de toutes les vignes, le passage d’outil interceps étant inenvisageable… et le développement des mauvaises herbes accéléré par l’humidité.

Les maladies cryptogamiques sont également favorisées et la virulence du mildiou exceptionnelle par le nombre (30 épisodes pour 25 jours de pluie en mai et juin) mais aussi l’intensité de chaque contamination.

Nous devons intervenir à de nombreuses reprises afin de protéger le feuillage dans toutes les parcelles, y compris et surtout dans les vignes gelées ayant un retard de végétation par rapport aux autres.

En contrepartie le printemps humide est très favorable à l’activité microbienne du sol, permettant la libération d’éléments minéraux favorables à la croissance de la vigne : la pousse est donc rapide, les travaux d’ébourgeonnage et de relevage intensifs, rendus plus difficiles par l’hétérogénéité de croissance et la repousse anarchique des ceps gelés.

Nous accueillons avec soulagement le retour du soleil à partir de début juin, qui permet le passage du stade crucial de la floraison dans de bonnes conditions, de façon très étalée, entre le 12 et le 25 juin, selon les parcelles. 2016 se place donc plutôt comme un millésime tardif, avec des potentiels de rendements très inégaux selon les parcelles, très difficiles à estimer à cause de l’hétérogénéité de charge des ceps.

 Début juillet l’été s’installe de façon durable, réduisant enfin la pression mildiou que nous n’aurions peut-être pas pu contenir si le niveau élevé de pluviométrie avait persisté, et permettant au feuillage de se maintenir dans un très bon état, préalable indispensable dans la perspective d’une maturité tardive. La croissance de la végétation se poursuit et l’aspect très sain des jeunes feuilles nous ferait presque oublier les difficultés passées.

La pousse très échelonnée de la vigne, conséquence du gel de printemps, nous contraint à un nombre élevé de passages afin d’accoler les branches. Par crainte d’un retour du risque mildiou, nous limitons par contre les opérations d’effeuillage visant à obtenir une bonne aération des grappes ainsi qu’une limitation  du développement de l’oïdium et du botrytis. Les fortes chaleurs du mois de juillet, atteignant  35 à 37°C, nous incitent également à la prudence, des symptômes d’échaudage commençant à se manifester sur les grappes directement exposées.

A l’opposé du printemps maussade, l’été 2016 est particulièrement sec (8 jours de pluie en juillet et août) et ensoleillé (+ 15% par rapport à la normale), bénéfique pour la vigne  dans un premier temps en lui permettant de rattraper une partie de son retard, mais débouchant finalement sur un état de stress hydrique empêchant le déclenchement de la véraison. Celle-ci s’étalera sur la deuxième quinzaine du mois d’aout. Ces conditions sont  également très favorables à l’oïdium qui maintient une pression tardive mais forte.

Cette année végétative très perturbée, marquée par l’alternance de périodes contrastées et excessives, nous fait craindre une maturation inégale et étalée.

Les premiers contrôles de maturité au 1er septembre confirment une avance du pinot noir par rapport au chardonnay, et une date de vendange pour la fin septembre. Malgré la sécheresse persistante, l’accumulation des sucres progresse.

De fortes précipitations (60 à 80 mm) vers le 18 septembre viennent à point nommé pour débloquer la situation et réhydrater la plante et ses fruits, la présence de pellicules très épaisses empêchant l’apparition du botrytis redouté à ce stade.

Le retour du beau temps permet une bonne évolution et une homogénéisation de la maturité entre les parcelles. Les vignes touchées par le gel de printemps, peu chargées, en profitent pour progresser très rapidement.

Les vendanges au domaine débutent le 23 septembre par les pinots noirs du Clos des Mouches pour s’achever le 29 dans les chardonnays des secteurs plus tardifs de Meursault. Une grande interrogation concernant le niveau de rendement, très difficile à estimer, connait un dénouement plutôt heureux : la récolte est, malgré les intempéries, plus abondante que nous ne le redoutions…même si nous ne produirons pas de Beaune Longbois cette année.

 

Les vins rouges :

Le bon état sanitaire général a permis un passage rapide sur la table de tri, ainsi que l’incorporation d’une petite partie de vendange entière dans les cuves de vinification, souvent bien remplies suite à la sous-estimation du volume de récolte.

Les pellicules très épaisses ont généré de belles extractions de couleurs ; nous avons travaillé prudemment en macération afin de tenir compte de l’hétérogénéité des raisins et d’éviter d’extraire les tanins végétaux d’une vendange assez tardive, en privilégiant la durée de contact plutôt que la fréquence des interventions et en limitant fortement les pigeages.

Les vins nouveaux présentent une belle robe, des arômes de fruits rouges frais et une bouche équilibrée, friande et dynamique, avec un potentiel tanique intéressant. Suite aux températures élevées pendant la maturation, les teneurs en acide malique sont limitées, ce qui devrait peu modifier le profil des vins après fermentation malo-lactique.

 

Les vins blancs :

Les raisins blancs récoltés après les rouges présentent également un bel état sanitaire et nécessitent peu de tri. Après pressurage de la vendange entière et un débourbage statique léger les moûts sont mis en fûts pour effectuer la fermentation alcoolique. Celle-ci s’étale sur plusieurs semaines en raison des températures plus fraiches de fin saison. Les vins nouveaux révèlent de belles notes d’agrumes et une bouche pure avec une belle tension. L’élevage en fûts devrait leur conférer plus de rondeur et d’élégance.

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