2017

 

Après une récolte 2016  «peu précoce » débutée le 23 septembre, la chute des feuilles intervient tardivement ce qui devrait permettre à la vigne de constituer un bon niveau de réserves mais décale le début des travaux d’hiver, taille notamment.

Octobre et novembre très pluvieux sont suivis d’une période hivernale très froide  (7 jours sans dégel en décembre et 20 jours en janvier) et accusant un fort déficit hydrique (80 mm de décembre à février à Beaune au lieu de 170).

Par contre février et surtout mars connaissent des températures moyennes très excédentaires.

Les besoins en froid de la vigne sont donc satisfaits relativement tôt. Ce phénomène, conjugué aux températures élevées,  entraine un démarrage végétatif très rapide dès la fin mars, soit à des dates proches des millésimes 2011 et 2014. Dans la première décade d’avril, des conditions quasi estivales accentuent cette tendance : la vigne passe en quelques jours du stade pointe verte à 4-5 feuilles étalées avec les premières inflorescences visibles dans les Beaune Clos des Mouches par exemple.

 Les travaux du sol de printemps (griffage et passage interceps) peuvent être effectués dans de bonnes conditions sur des sols assouplis par le gel hivernal et bien ressuyés.

Fin avril, une période de froid marquée ralentit considérablement la pousse ; nous frôlons le gel à plusieurs reprises (nuits du 28 et 29 avril notamment), à la même période qu’en 2016, épisode dramatique encore bien présent dans notre mémoire, mais en  sortons finalement quasiment indemnes.

A la fin de la première décade de mai, nous avons perdu toute l’avance de début de campagne pour revenir au niveau de 2016.

 Par la suite, une période exceptionnellement chaude va permettre une véritable explosion de la croissance, aboutissant à une floraison dans la première semaine du mois de juin, soit avec plus de quinze jours d’avance sur le précédent millésime. Les parcelles de chardonnay fleurissent en premier, dans une période caniculaire, ce qui occasionne une coulure relativement importante. Cette étape sera franchie plus sereinement sur les pinots noirs. Nous avons la satisfaction d’avoir enfin, après bien des années déficitaires, une belle récolte potentielle sur la majorité de nos parcelles

Nous sommes soumis à rude épreuve afin d’effectuer, sous des températures très élevées, les travaux de palissage sans être débordés par le développement de la végétation. Les stades végétatifs se succèdent à très grande vitesse et le stade fermeture de la grappe est atteint dans les situations précoces vers le 20 juin, soit une précocité proche de 2009 ou 2015.

Les maladies cryptogamiques restent par contre très discrètes avec ces conditions chaudes et sèches, ce qui n’est pas sans rappeler le millésime 2011. Toutefois, mi-mai, des pluies orageuses, plus importantes sur le sud de la Côte de Beaune, sont à l’origine de contaminations importantes de mildiou, se traduisant par l’apparition des premières taches fin mai. Dès lors, cette maladie redevient une préoccupation importante dans cette zone, malgré la sécheresse persistante.

 Juillet, globalement plus frais et pluvieux, retarde l’apparition de la véraison, celle-ci ne s’enclenchant véritablement que durant les tous derniers jours du mois. La succession de périodes humides fait par contre monter très fortement le risque mildiou, avec des attaques importantes sur les jeunes feuilles que nous devons éliminer par des rognages répétés.

Le début du mois d’août, sec et frais, provoque un ralentissement de la maturation. Dans la deuxième partie du mois, marquée par  l’alternance de périodes fraîches et caniculaires, l’évolution est  très irrégulière et parfois très rapide, ce qui rend l’évaluation de la date de vendange problématique. Une période orageuse apportant un cumul de pluies suffisant permet de déstresser la plante et de fluidifier la pulpe des baies, sans détériorer l’état sanitaire quasi parfait.

L’augmentation rapide de la concentration en sucres, la baisse du niveau des acidités et l’évolution gustative très favorable des baies nous incitent à ne pas trop retarder la date de ramassage afin d’éviter des phénomènes de concentration trop importants, les fortes chaleurs continuant à nous concerner.

Nous démarrons donc le 4 septembre et ramassons dans un premier temps toutes les parcelles de pinot noir pour terminer par celles de chardonnay.

Les vins rouges :

La vendange en très bel état sanitaire ne nécessite que peu de tri et nous permet d’encuver une partie de vendange entière, variable selon les appellations. Après une période de macération préfermenaire à froid, au cours de laquelle apparaissent de très beaux arômes de fruits rouges, les fermentations alcooliques laissent deviner progressivement une extraction  de très belle facture.

Les premières dégustations en fin de fermentation mettent en évidence l’obtention d’une très belle harmonie gustative, n’incitant pas à allonger outre mesure la durée de macération.

Après pressurage, les vins présentent une robe intense et brillante, avec de très beaux arômes de fruits rouges légèrement confiturés. En bouche, ils révèlent une densité, une richesse et une élégance laissant espérer la naissance d’un millésime d’anthologie.

Les vins blancs :

A l’exception du Beaune Clos des Mouches récolté en même temps que les rouges, les blancs ont été coupés dans la deuxième partie des vendanges ; les raisins dorés, d’un état sanitaire parfait sont pressés lentement en vendange entière. Après un débourbage rapide les moûts refroidis sont mis en fûts ; les fermentations alcooliques se déroulent de façon très régulière sur tous les lots, sans ralentissement en phase finale. Les vins nouveaux, très aromatiques au nez, présentent beaucoup de richesse et d’opulence et un très bel équilibre en bouche.

retour

Archives

BERTHELEMOT : Grands vins de Bourgogne - 21190 MEURSAULT
Téléphone: 03 80 21 68 61 - Fax: 03 80 21 94 07
- Email: contact@domaineberthelemot.com
- Internet: http://www.domaineberthelemot.com